La première personne sur laquelle on peut compter c’est soi-même…

La première personne sur laquelle on peut compter c’est soi-même…
Ils vont t’admirer, apprécier ton courage et ta détermination. Ils vont t’écouter, Vous allez parler projet et ils vont t’encourager voire même te harceler à entreprendre et à te lancer te faisant croire que si tu ne le fais pas tu aurais raté le déclic de ton bonheur! Tu auras des doutes mais ils continueront à t’encourager et ils vont te promettre de t’epauler et d’être là pour toi et pour toujours. Tu vas les écouter et leur faire confiance, tu passes des nuits blanches et des journées à réfléchir, à écrire, à raccomoder et à construire. Tu vas entamer ce projet et il va prendre forme. Tu sacrifies des choses très importantes de ta vie pour le mûrir en y mettant le meilleur de toi-même! C’est tellement fascinant de faire les choses avec amour et confiance en soi et surtout avec l’espoir qu’il va aboutir, qu’on ne peut pas calculer l’énergie et le temps dépensés pour le faire. Telle une mère qui voudrait voir son petit bébé grandir, nous souhaitons tous voir nos petits plans fonctionner comme nous l’avons exactement prévu! Sauf que cela n’est souvent pas le cas et ça fait parti de la vie. Une citation d’ailleurs nous dit que  » ce n’est pas échouer qui est mauvais, c’est le fait de n’avoir pas essayé ». Ces mêmes personnes qui t’encouragent ne sont pas forcément qui seront celles qui vont t’aider à te relever quand tu tomberas.
Comptes peu sur l’expression « Je serai toujours làpour toi »
Tu trébucheras, tu te heurteras, tu tomberas parfois mais tu te battras toujours pour te relever et te remettre sur ton chemin dans l’optique d’atteindre ton objectif puisque tu y crois. Tu te lasseras, tu voudras parfois abandonner mais d’un coup tu te rappelleras que tu as ces personnes qui ont cru en toi, qui t’ont encouragé à t’engager et qui ont promis de t’accompagner et d’être là pour toi pour t’épauler. Fatigué de lutter seul, impossible de s’en sortir seul, tu as besoin d’appui, tu as besoin d’aide pour franchir une étape que tu penses être infranchissable sans appui, puis hop un jour tu décides de tendre la main à ces personnes. C’est là que tu comprendras que la phrase « Je serai toujours là pour toi » n’a de valeur que dans les dits mais n’a aucun sens dans les faits. C’est là que tu réaliseras que tu ne peux pas compter sur eux et que t’es réellement ta propre et unique canne qui te sert d’appui.

 » La contribution est individuelle et non obligatoire »
Tu seras déçu, tu te sentiras trahi, abandonné et seul. Normal! Ne dit-on pas que la meilleure façon de ne pas être déçu c’est de ne jamais attendre rien de personne? Tu serai fatigué à un moment donné de lutter seul mais jamais déçu de tes accomplissements minimes qu’ils soient. Tu voudras jeter l’éponge, mettre croix sur tes projets sous prétexte que tu n’as pas été aidé. Ce serait vraiment immature et lâche d’abandonner puisqu’une personne ne t’a pas épaulé alors que tu es arrêté sur tes pieds avec tes autres membres bien au complet, doté d’une intelligence et d’une force petites soient elles. Tu aurais satisfait ceux qui ont voulu te voir échouer, tu aurais donner raison à ceux qui ont refusé de croire en toi et tu leur aurait donné l’occasion de savourer ton échec et de se moquer de toi. Au lieu d’abandonner et de les en vouloir, il faut travailler à la réalisation de tes rêves et à l’atteinte de tes objectifs. Paul Coelho disait ceci:  » l’univers nous aide toujours à nous battre pour nos rêves, si bêtes qu’ils puissent paraître. Ce sont nos rêves et nous sommes seuls à savoir combien il nous a coûté de les rêver »
« Exiger beaucoup de soi et attendre peu des autres »
Dans la vie du moment où tu t’es prouvé à toi même que tu as des valeurs et du potentiel, tu ne dois rien attendre de personne. Du moment où tu t’es fixé des objectifs, tu dois absolument te donner les moyens de les atteindre. Nous avons certes, tous besoin de compter sur les autres, d’être pris en charge, validés, encouragés et soutenus. Mais ce n’est pas une obligation, la contribution étant individuelle et volontaire. Nous devons apprendre à puiser du « NON » des autres de la force, de l’expérience et du défi, cela nous permettrait d’être indépendant, en nous fiant à nous-mêmes, en prenant soin de nous-mêmes, et en se considérant le seul à soutenir les autres.
A un moment donné dans la vie, même nos parents ne pourront nous aider pourtant seul un parent voudrait que son enfant réussisse plus que lui. Aussi amoureux et protecteurs qu’ils soient, aussi déterminés à nous aider, leur aide ne pourrait éternellement nous servir. A un certain moment de cette vie il faut que tu crois en toi, que tu saches décider et agir seul. Bref dans la vie, il faut savoir compter sur soi-même et exiger peu des autres.
Ne baissez jamais les bras, ne reculez pas devant les obstacles, bravez-les et foncez vers votre but et vous y arriverez. N’en voulez pas aux gens parce qu’ils ne vous ont pas aidé, battez-vous et travaillez pour être celui ou celle qui peut aider! C’est aussi cela la vie!

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Hadiatoullaye Diallo
Journaliste indépendante/ Communicante

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Santé: serment d’hippocrate ou serment d’hypocrites en Guinée?

A quoi sert le sermon d’hippocrate en Guinée? Quelle est la mission d’un médecin au juste? A quoi servent les autorités dans un pays?
Depuis avant hier Je me pose une nouvelle fois ces questions sans cesse et j’avoue que je suis perdue, mais carrément à bout quoi! Le cas de ce jeune couple Guissé qui a perdu ses quadruplés le week-end dernier par la négligence de leur médecin gynécologue et par faute d’équipements à l’institut de santé et de nutrition de Donka me hante l’esprit. Le couple perd ses 4 filles parce que tout simplement un médecin dit ne pas être disponible et parce qu’on nous raconte à Donka que les couveuses qui pouvaient certainement sauver ces enfants ne sont pas  » électrifiées ».
Un médecin prête serment et jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la priorité, de sauver des vies et de ne jamais provoquer la mort mais fait tout le contraire dans l’exercice de sa profession. C’est exactement ce qui se passe dans le système sanitaire en Guinée. Au-delà du calvaire financier auquel font face les citoyens dans les hôpitaux et cliniques, il y’a cet autre aspect qui nous coûte la vie: la négligence et le manque d’humanisme des médecins. Leur seul but amasser du fric et se remplir pleines les poches, ils s’en foutent éperdument de la situation sanitaire et financière de leurs patients qu’ils considèrent comme des clients.
Le gynécologue est l’une des personnes les plus importantes dans notre vie. Il est l’un garant sûr de notre vie et de notre progéniture. Il est censé être quelqu’un de: bien formé, disponible, attentif, compréhensif, doux, réconfortant et patient. Il doit vous conseiller et vous soigner sans vous juger ou vous angoisser.
Mais bon Dieu avons-nous ce type de gynécologue en Guinée? Non c’est devenu du diamant noir. On en trouve rarement mais très rarement pour ne pas dire qu’il n’existe pas. Ils se font appelés des Professeurs dans le domaine et n’ont pas le sens même de L’humanisme. Comment un médecin peut être aussi cruel au point de minimiser la vie d’un être alors que le service qu’il rend n’est même pas gratuit. Il réclame des sommes au-delà de nos moyens… et dire un simple accouchement dans les cliniques de ces « fameux professeurs et Docteurs en la matière » se négocie à 5 millions de francs guinéens. Non mais allô quoi ?
Djen Boiro Sylla, une femme qui a accouché et perdu ses jumeaux entre la clinique de Professeur Telly Sy située à Lanbanyi où elle a accouché et Donka ou son bébé a été transféré, en racontant son calvaire, m’a confié ceci:  » ils m’ont cassé le moral, je n’avais plus la force de pousser mais grâce à mon mari j’y suis arrivée parce que c’était une question de vie ou de mort. Quand le premier bébé est arrivé il pleurait, j’ai demandé à ce qu’ils le protègent étant trop petit. Un des infirmiers m’a répondu: Mme ce n’est pas la peine il ne survivra pas c’est un prématuré. Ils m’ont forcé à pousser le second qu’ils avaient déjà étouffés à l’intérieur avant de le tirer avec force pour s’en débarrasser… »
« … ils m’ont fatigué et ont failli me tuer à l’accouchement. J’ai accouché des bébés qui pleuraient et bougeaient. Ils auraient pu les sauver mais ils n’ont fourni aucun effort. Ils ont dit à mon mari que ce n’est pas la peine d’envoyer les enfants à Donka, ce sont des prématurés... », a relaté Mme Guissé Sira Camara, la mère des quadruplés.
J’ai eu froid au dos et les larmes aux yeux quand j’ai écouté ces histoires. Comment un médecin ou un infirmier peut jeter de telles paroles choquantes sur le visage d’une patiente qui est en train de donner la vie? Quelle cruauté! Quel manque d’humanisme!
Ceci dit que le couple Guissé, qui aujourd’hui vit un véritable choc, n’est pas la première victime de Pr Sy et l’INSE de Donka et il ne sera pas le dernier s’ils ne sont pas stoppés maintenant. Qui sera la prochaine victime ? Ça peut être n’importe qui…toi, moi ou quelqu’un d’autre.
Bon DIEU, mesdames et messieurs il faut qu’on se réveille dans ce pays. Il faut que ça s’arrête un peu. Les victimes doivent arrêter de garder le silence, dénoncer ces médecins et les traduire en justice pour éviter qu’il y ait d’autres victimes. Il faut sonner ces autorités pour qu’elles se réveillent et se préoccupent un peu de notre situation. Nous avons droit au minimum, ne serait ce qu’à la santé voyons. Que ça s’arrête cette façon de boucher les gens dans les hôpitaux!
#LaVieHumaineEstSacrée #StoppezCesMedecinsAssassins #NousAvonsDroitALaSanté
Hadiatoullaye Diallo
Journaliste/Communicante

african doctor in hospital ward
Image d’illustration

À qui la faute? Cri de coeur d’une guinéenne inquiète!

Depuis près de 10 ans, nous sommes en train de tourner à vide. Que des répétitions bêtes, des manifestations et élections bidons qui n’ont servi à rien sinon de diviser les citoyens de ce pays créant ainsi des rivalités ethniques, bafouiller l’éducation des enfants et tuer des innocents.
Qui en est le responsable? Sans risque de me mordre le doigt, j’indexe nos politiques et gouvernants. Ces politiques qui ont réussi à nous diviser, à nous instrumentaliser, à se servir de nous pour régner et ensuite se retourner contre nous pour nous faire vivre l’enfer. Ces gouvenants qui piétinent nos droits, qui se montrent indifférents face à nos besoins les plus élémentaires et qui se plaisent à tripoter l’éducation des fils de ce pays: le droit le plus élémentaire et le plus indispensable pour un enfant.
Pouvoir et opposition ne se retrouvent pour dialoguer et signer des faux accords que pour des élections bidons comme celles qu’ils viennent tous de nous servir dont les conséquences sont en train de coûter à cette pauvre population. Des enfants tués, des biens des paisibles citoyens détruits et la justice n’existant que de nom, réparation n’aura jamais lieu. Tout cela pourquoi? A quelle fin? Pour qu’ils se trouvent au sommet à décider de notre sort tel que nous sommes en train de vivoter aujourd’hui. Pour qu’ils puissent se remplir les poches et crier après à l’absence de ressources pour améliorer notre situation. Oui parce qu’ils se seraient gaver avec!
Qui a fait quoi pour les arrêter et changer la situation dans laquelle nous citoyens, sommes en train de croupir? Qui devait agir pour nous sortir de cette merde? C’est là que la société civile devrait montrer ses muscles, malheureusement elle n’existe que de nom, c’est mort pour l’heure on ne peut pas compter sur elle. La jeunesse, oui ces jeunes qui constituent la majorité de la population guinéenne et qui à mon avis, devraient être les plus grands acteurs pour un changement positif de la Guinée. Mais hélas, le patriotisme et l’intégrité ont foutu le camp et l’individualisme et la demagogie se sont confortablement installés. Eux qui devraient parler d’un même langage, porter les mêmes préoccupations, regarder dans la même direction et agir ensembles, ils ont préféré se tourner chacun dans son coin, chantonner et applaudir pour qui il veut ( son soit disant mentor ou disons son gagne-pain) oubliant qu’un jour celui-ci partira de son fameux poste et la Guinée restera telle. Des jeunes qui se font appeler activistes, il y’en a tellement mais ceux qui le sont réellement se comptent au bout des doigts d’où l’échec des multitudes d’actions entreprises par des associations et mouvements. C’est là que je donne raison à celui qui est censé être le ministre de la jeunesse qui a qualifié les jeunes activistes d’imposteurs car il savait exactement de quoi il parlait ce jour.
Aujourd’hui ces enfants sont empêchés d’aller à l’école parce que tout simplement un gouvernement se montre assez orgueilleux pour appeler autour de la table de dialogue un syndicat qu’il traite de rebelle et qui finalement espère résoudre le problème par l’intimidation. Mais je rappelle que ces enfants ont des parents, des hommes et des femmes qui, la plupart, militent dans des partis politiques et sortent manifester à chaque fois que ceux-ci font appel à un mouvement de grève pour des causes perdues (élections). Alors empêcher son enfant d’aller étudier n’est il pas suffisant pour révolter un parent et le pousser à se faire entendre? Non c’est le cadet de sa préoccupation. Il te dira qu’il est occupé à trouver de quoi le nourrir.
La jeunesse que nous sommes, devrait avoir honte et faire face aux réalités que seule nous pouvons changer. Nous devons nous débarrasser de cet individualisme, de ce jeu de double-face, de cette démagogie et affronter ensembles ces problèmes qui nous empêchent d’évoluer, contraindre ceux qui nous gouvernent à faire normalement leur boulot ou à les dégager de là parce que de toute façon ils n’en ont rien à foutre.
La majorité des membres du gouvernement et des politiques ont leurs enfants ailleurs dans des conditions hautement meilleures que celles dans lesquelles nous croupissons. Nous sommes les seuls perdants dans cette histoire! Etre père ou mère d’un enfant Guinéen équivaut à une routine de soucis et d’insomnie. Je suis une mère inquiète, désespérée et très enragée aujourd’hui.
D’aucuns me disent souvent  » laisse tomber et cherches toi « . Ils n’ont pas tort parce que c’est ce que tout le monde fait, la situation de la Guinée ne préoccupe personne à vrai dire, chacun se préoccupe de sa propre situation. Nous venons le crier sur la toile Mais au fond beaucoup d’entre nous mangent avec ceux qui nous mangent comme disait l’autre. Mais qui alors pour changer le pays? Car lorsque les gens « biens et capables » démissionnent, ils donnent ainsi la chance aux médiocres qui ne feront que nous pousser au fond du gouffre.
Ne pouvant pas y arriver seule, je préfère croiser les bras et m’en vouloir toute la vie que de m’engager avec des imposteurs dans un quelconque combat qui sera forcément voué à l’échec. Quand la majorité des jeunes se sentiront prêts à agir pour de vrai, mes bottes sont prêts je les enfilerai et me mettrai devant. D’ici là je vous exhorte à remuer vos méninges et à prendre conscience car lorsque le pire se produira, nous en serons tous comptables.
#AgirOuPerir #CestMaintenantOuJamais #CriDuCoeurDuneMèreInquiète #NosEnfantsMeritentMieux

Hadiatoullaye Diallo

Journaliste/ CommunicanteScreenshot_20180217-140547

Cette histoire d’étoiles ‘’ au loto’’ qui brise des cœurs !

En Guinée précisément au Fouta-Djalon, il est très difficile d’épouser la personne que l’on a choisie par amour. Les traditions font que la fille ou le garçon ne peut en aucun cas choisir seul son/sa conjoint(e) sans l’aval  de sa famille ou l’avis des marabouts.

Se marier est une phase décisive mais aussi très complexe pour les jeunes dans le milieu foutanien. Les parents, très souvent conservateurs, se posent des questions, auxquelles ils cherchent incessamment des réponses sur le choix de leurs enfants quand il s’agit de se marier. Que ce soit la fille ou le garçon, quiconque  annonce à la famille avoir trouvé son âme sœur, est obligé de fournir des réponses à un tas de questions liées à ce dernier ou à sa famille. Qui est-il/elle? Que fait-il/elle? Qui sont ses parents ? De quelle descendance sont-ils ? Djonboyankés, kalduyankés, seydiyankés ou guériyankés (des sous-groupes claniques chez les peuls…) ils vont jusqu’à demander parfois quelle taille fait-il/elle (ils ont leur interprétation à faire de la taille aussi) ; Ce sont entre autres interrogations auxquelles il faut forcément répondre pour disent-ils savoir à qui ou à quel type de famille ils ont à faire, sous prétexte que ce ne sont pas les prétendants qui se marient mais les familles. S’ils ne sont pas satisfaits des réponses fournies, ils passent à cette autre étape que moi j’appelle le ‘’jeu de hasard’’ : Ils vont consulter un marabout ou un leader religieux pour, arguent-ils vérifier si les ‘’étoiles’’ des prétendants  sont concordantes. Ils veulent savoir fondamentalement, si une fois mariés, ces personnes feront des enfants, s’ils seront heureux ou auront longue vie ensembles. Ils expliquent leurs préoccupations, confient les noms des ‘’amoureux’’ et de leurs parents, puis attendent un résultat.  Si le marabout après son jeu de cauris, de chapelet ou de je ne sais quoi d’autres ; ou bien le religieux suite à ses invocations et prières disent que leurs étoiles sont conformes, dans ce cas, les parents sont d’accord et sont prêts à bénir l’union. Si le contraire se produit, c’est-à-dire que les prétendants sont jugés par le marabout, incompatibles pour le mariage, alors là ils feront tout pour ne pas qu’ils se marient. Ainsi il est donné un sens aux paroles des ‘’pronostiqueurs’’ et non à l’amour que les deux voulaient matérialiser par le mariage.

Est-il juste de s’appuyer sur ces ‘’pronostics’’ pour  définir le destin d’un couple ? Est-ce que c’est à un marabout ou à un religieux de savoir et de prédire jusqu’à quand quelqu’un va vivre ? Comment des êtres humains peuvent savoir si des gens auront longue vie ensembles ou pas ? S’ils seront riches ou pauvres, s’ils procréeront ou pas, ou encore s’ils seront heureux ou malheureux ? En tant que croyant ma réponse reste celle-ci : on ne peut prévoir le destin car pour moi le dernier mot revient à Dieu. Et ceci n’est qu’une tradition et non une recommandation de l’islam (source : des religieux auxquels j’ai posé la question).

Combien de cœurs cette histoire de ‘’conformité d’étoiles’’ a-t-elle brisés ?  Combien de couples ont-ils divorcés à cause de cette histoire ? Je ne peux donner de nombre exact ; ce qui est sure, ce que cette fameuse tradition brise des cœurs et des foyers.

A une discussion entre femmes en Septembre 2017 à Conakry, cette question a été évoquée (un débat que j’ai provoqué bien sûre). C’est alors là qu’une femme, enseignante de profession, m’a confié ce qu’elle a vécu à cause de cette tradition. Se marier a été très compliqué pour elle, m’a-t-elle expliqué.  Elle croit dur comme fer que cette histoire d’étoiles n’est qu’une tradition archaïque qui n’a aucune valeur : « Lorsque j’étudiais à l’université de Kankan, beaucoup d’hommes ont voulu de moi en mariage ; j’ai refusé parce que non seulement je ne les aimais pas mais aussi parce que je ne voulais pas interrompre mes études malgré l’insistance de mes parents. Alors en 2003 j’ai rencontré un homme qui était dans la même université que moi mais qui me dépassait de deux classes et qui était lui sur le point de finir. On a vite sympathisé et on est devenus de bons amis. Il m’a fait une demande en mariage une année après notre rencontre, j’ai réfléchi   quelques mois en poursuivant toujours la communication avec lui. J’ai ensuite fait la proposition  à mes parents qui m’ont demandé un temps de réflexion après m’avoir posé des milliers de questions sur lui et sa famille auxquelles quelques fois je ne pouvais répondre, ne connaissant pas sa famille. Un jour, j’étais venue passer les vacances chez mes parents, j’ai relancé la question, ma mère m’a répondu carrément sur un ton ferme que je ne pouvais me marier avec cet homme. Surprise,  j’ai demandé pourquoi ; elle me répond, que c’est parce que celui-ci n’est pas mon mari. Je trouvais cette réponse tellement vague que j’ai poussé les interrogations, alors elle m’a dit que ce sont nos étoiles qui ne correspondaient pas. J’ai éclaté de rire et lui ai demandé comment peut-elle le savoir. Elle m’a répondu qu’elle est allée voir des sages et des marabouts, aucun d’eux n’a dit du bien sur cette éventuelle union. J’étais déçue et perdue parce que j’aimais déjà ce jeune homme mais avec l’appui de mon père, ma mère a tout fait pour me détourner l’esprit et empêcher ce mariage. Ils m’ont ainsi brisé le cœur  et m’ont fait perdre le premier vrai amour de ma vie mais comme chez nous on ne peut défier nos parents, je me suis pliée à leur vœu et je suis restée quelques années sans parler de mariage… »

En me racontant cette histoire, je lisais sur son visage du regret, de la pitié et surtout de la déception. Poursuivant son explication, elle m’a fait comprendre que dans sa famille aussi, il ne peut y avoir de mariage sans cette pratique : « … En 2008, par le biais de ma sœur, un homme s’est présenté en famille pour demander ma main ; là aussi ils ont fait la même consultation et cette fois-ci ils m’annoncent que c’était lui l’homme que j’attendais, qu’on sera heureux et aura des enfants ensembles. Avec beaucoup d’incertitude je me suis mariée avec lui en Juillet 2008 vu que je prenais de l’âge. J’ai fait un garçon avec lui puis les problèmes ont commencé ; je l’ai aimé certes mais ce n’était pas mon genre d’homme. Il voulait être obéit comme à l’époque de nos ancêtres (rires), et voulait coute que coute j’arrête de travailler pour rester à la maison ; Je ne supportais plus, c’est ainsi j’ai demandé le divorce en 2011. Où est passé cette éternité qu’avaient prédit les marabouts de ma mère ? C’est pourquoi je dis que cette vérification des étoiles n’est rien d’autre qu’une façon pour les parents de pouvoir avoir leur  mot à dire dans nos choix sinon ce n’est pas vrai. Seul Dieu connait le destin. Je me dis parfois que si je m’étais mariée avec l’homme à l’université, je n’allais pas divorcé peut-être. Qui sait ? En tout cas jusque-là j’ai la ferme conviction que si je m’étais mariée avec lui, les choses auraient été différentes pour moi…»

Elles sont nombreuses ces personnes comme cette femme ayant été confrontée à cela, notamment des membres de ma propre famille. Lorsqu’une fois j’ai demandé à ma mère le pourquoi de cette consultation avant le mariage, elle m’a répondu qu’elle ne connait pas exactement et n’y croit pas trop parce que c’est Dieu qui connait la bonne personne mais ‘’ Ko Finaa Tawa’’, traduisez ‘’ C’est la tradition, c’est avec ça nous avons trouvé nos parents’’.

Lors d’un autre débat autour de cette question que j’ai initié récemment entre ‘’potes’’ dans un endroit récréatif, un de mes amis dont je préfère taire le nom nous a expliqué qu’il est à l’heure actuelle en train de vivre les séquelles de ce jeu au loto. Il a été contraint de renoncer à une fille à laquelle il tenait beaucoup parce qu’un marabout aurait confié à sa mère qu’une fois qu’il épousera cette fille, il décédera. Et à ce jour, cette fille a été mariée, donné naissance à une fille et vit encore avec son mari. Et pour mon pote, d’après ce qu’il a raconté, ce n’est pas la rose dans son foyer, pas d’enfants, pas de joie de vivre après 3 années de mariage. Et la question qu’il se pose aujourd’hui : Et si c’était avec l’autre ?

Alors après toutes les conversations que j’aie eues autour  de cette fameuse question, avec mes amis, parents et quelques religieux, jusque-là je ne vois pas son utilité. A quoi bon d’empêcher des personnes qui s’aiment de se marier ou de forcer des gens à se marier parce que tout simplement un être humain a prédit un malheur ou un bonheur qui pourrait leur arriver ? Dieu nous a tous créés, chacun avec son caractère, seul lui connait la bonne ou la mauvaise personne, Seul lui peut décider jusqu’à quand allons-nous vivre et lui seul peut  nous donner des enfants ou ne pas nous en donner. En attendant d’entendre des arguments plus convaincants sur cette pratique, je refuse de la croire et de la valoriser.

Comme Saint Augustin disait qu’à une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir ; alors disons aussi que nul n’est tenu de valoriser une tradition injuste !

Hadiatoullaye Diallo, Journaliste/Communicante.

 

 

 

A quoi est-ce que l’année 2016 de la femme guinéenne a t-elle ressemblé?

La nomination de 7 femmes au sein du gouvernement de Mamady Youla a particulièrement été saluée. Mais cela n’a pas empêché aux femmes guinéennes de continuer à réclamer durant toute l’année 2016, le quota de 30% alloué aux femmes. Beaucoup de difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontées les femmes ont été également enregistrées cette année. Sur un autre plan plus ou moins réjouissant, la convention 183 de l’OIT pour la protection des domestiques a été adoptée par l’assemblée nationale. Donc le bilan des évènements qui ont marqué la femme guinéenne en 2016 a été plus ou moins reluisant.

L’année 2016 a démarré en beauté en Guinée par la nomination des femmes à des postes clés au sein du gouvernement. Mais sept femmes sur 31 ministres, c’est loin d’être paritaire. Ce qui fait que des femmes politiques et parlementaires ont continué à réclamer le quota de 30% alloué aux femmes dans les instances de prises de décision. La journée du 8 Mars, fête internationale de la femme a été célébrée sous le thème « Egalité pour les femmes, progrès pour tous ». Les femmes veulent la parité 50/50 à l’horizon 2030.

En plus de cette sous représentativité, l’année 2016 a été marquée par des violences physiques et sexuelles à l’encontre des filles et des femmes. La journée internationale de lutte contre ces pratiques a été célébrée dans un contexte où en Guinée 63% des filles se marient avant 18 ans et la quasi-totalité des femmes de 15 à 49 ans sont excisées avant l’âge de 15 ans. Pour les cas de viols, les statistiques indiquent que 23,4% des femmes en sont victimes avec 33,7% de cas d’abus sexuels notifiés. Les femmes continuent d’être privées de leurs droits à l’éducation, à la santé et à l’expression. La femme continue à souffrir de problèmes de maternité. Une femme de la trentaine, enceinte de 5 bébés était confronté à de graves problèmes respiratoires. Faute de moyens financiers et techniques, cette jeune dame de nom de M’Mawa Soumah a été évacuée au Maroc au mois de Novembre 2016 où elle a accouché par césarienne, le 15 janvier 2017, les 5 bébés dont 1 filles bien portants selon les informations données par l’hôpital. Face à la récurrence du viol en Guinée, des initiatives se sont créées pour dénoncer et lutter contre ce phénomène.

Dans un autre registre, les femmes qui se battent pour subvenir à leurs besoins se sont retrouvées en 2016 confrontées à d’énormes difficultés. Des femmes mareyeuses ont manifesté devant le ministère de la pêche et de l’économie maritime pour protester contre l’installation des frigos de poisson par des chinois dans les marchés de Conakry. Une autre grogne de femmes a été enregistrée dans le marché Dabondi au début du mois de Décembre. Celles-ci ont manifesté et bloqué la circulation pour réclamer près de 900 places dans le tout nouveau grand marché de Conakry. Des places qui, selon elles, leur ont été promises par le président Alpha Condé le jour même de l’inauguration de ce marché.

Sur un autre plan, cette fois plus, réjouissant, les membres du réseau des femmes ministres et parlementaires de l’Afrique de l’Ouest se sont retrouvées à Conakry pour élaborer un plan d’action sous régional qui sera soumis à la prochaine session de l’Union Africaine. Les mutilations génitales féminines et la mortalité maternelle ont été considérées comme des préoccupations majeures notamment en Guinée et en Mauritanie. Et lors de la plénière de l’assemblée nationale du 26 décembre 2016, pour boucler l’année en beauté, il y’a eu l’adoption de la convention 183 de l’organisation internationale du travail pour la protection des travailleurs et travailleuses domestiques. Il a fallu 5 ans de combat mené par le SYMEG syndicat des employés de maison de Guinée pour y parvenir.